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post-autistic economics |
• LE MONDE | 19.09.01 | 16h03 M. Fitoussi propose à
M. Lang de réformer l'enseignement de l'économie Le
président de l'OFCE répond aux critiques des étudiants sur l'absence de
pluralisme dans cette discipline Le ministère de
l'éducation nationale devait rendre public, mercredi 19 septembre, le rapport
que Jack Lang avait demandé à Jean-Paul Fitoussi, président de l'Observatoire
français des conjonctures économiques (OFCE), en vue de mettre en chantier
une réforme de l'enseignement supérieur de l'économie (Le Monde du
26 octobre 2000). Ce document, qui est publié chez Fayard, risque de
faire beaucoup de vagues, pour une double raison : d'abord parce qu'il
préconise des mesures énergiques ; ensuite parce que cet ouvrage est
l'aboutissement d'une longue mobilisation dans les milieux universitaires et
sera donc examiné à la loupe par les étudiants et les enseignants de cette
discipline. Tout a commencé par une
initiative modeste, presque confidentielle, lancée par des étudiants en
économie de l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm (Le Monde du
21 juin 2000). S'inquiétant d'un "usage
incontrôlé des mathématiques" dans cette discipline, un appel a
ainsi commencé à circuler dans les milieux universitaires prônant "un
pluralisme des approches en économie" et condamnant implicitement la
domination du courant de pensée néoclassique. Et, au fil des mois, la
controverse a pris de plus en plus d'ampleur : des universitaires ont
lancé un manifeste en solidarité avec les étudiants, tandis que d'autres
publiaient un texte critiquant cette initiative (Le Monde de l'économie du
31 octobre 2000). C'est donc ce qui a conduit M. Lang à confier une
mission de réflexion à M. Fitoussi, qui, dès l'origine, avait exprimé sa
sympathie pour le mouvement des étudiants. Le président de l'OFCE
ne verse pourtant pas dans la démagogie. Les étudiants "ont sûrement
raison de dire que les connaissances qu'ils acquièrent ne leur permettent pas
de comprendre le monde, s'ils ne le comprennent pas", dit-il. Mais,
ajoute-t-il, "il est des plus improbables qu'ils aient raison
lorsqu'ils décident eux-mêmes de ce qui devrait leur être enseigné : ils
ne peuvent pas le savoir avant de l'avoir appris". FREINER
L'ABSTRACTION MATHÉMATIQUE Cette mise en garde
faite, l'auteur s'attache à dessiner les contours d'une réforme en profondeur
tout à la fois de l'organisation et du contenu des enseignements économiques
à l'université. Dans le premier cas, celui de l'organisation, les
propositions soumises au ministre sont très nombreuses. M. Fitoussi
préconise ainsi que chacun des trois cycles universitaires soit repensé et
conçu de manière plus autonome. Pour le troisième cycle, l'auteur souhaite,
dans certains cas, la fusion des DEA et des DESS en un seul diplôme. Pour le
premier cycle, il recommande de "renforcer la dimension
propédeutique" de l'enseignement, en recourant "à des
dissertations, dossiers ou fiches de lecture plus qu'à des questions à choix
multiples, dérive potentiellement dangereuse, et aussi à des exposés
oraux". Cherchant à répondre à
la critique des étudiants, qui jugent les cours souvent désincarnés et coupés
de la réalité comme des débats, M. Fitoussi fait valoir qu'"il
ne sert à rien de rajouter des cours d'histoire de la pensée
économique, d'histoire économique", mais qu'il faut concevoir "des
cours intégrés alliant ces différentes dimensions". Evoquant une
autre récrimination des étudiants portant sur le recours excessif aux
mathématiques, il estime que "l'abstraction ne doit pas être
recherchée pour elle-même, mais en ce qu'elle permet, en simplifiant les
données d'un problème concret, d'en mieux saisir la nature et d'en mieux
comprendre les déterminants". "Il faut donc éviter, dit-il,
que l'enseignement des mathématiques et statistiques (et parfois de la
microéconomie) soit utilisé dans le premier cycle uniquement comme un moyen de
sélection." M. Fitoussi propose également un renforcement de
l'enseignement des langues, notamment de l'anglais, dans la filière
économique. M. Fitoussi
s'attarde longuement, par ailleurs, sur la question de l'hétérodoxie en
économie et sur le manque de pluralisme relevé par les étudiants. "Bien
saisir les enjeux du "pluralisme" implique aussi, dit-il, une
démarche à la fois historique et épistémologique. Celle-ci exige un détour
préalable : il faut d'abord avoir acquis un langage commun pour en
saisir les limites. Et on a vu que l'acquisition de ce langage commun
n'impliquait en rien l'enseignement d'une théorie unique." Laurent Mauduit • ARTICLE PARU DANS
L'EDITION DU 20.09.01 |
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